Lettres et Histoire Géographie

"Harold et Maude" en seconde professionnelle

Mise à jour : 22 mars 2012

Le dossier pédagogique de la collection "Étonnants classiques" chez Flammarion

Pourquoi étudier Harold et Maude en classe de Seconde bac professionnel ?

La lecture et l’analyse de cette pièce s’intègrent parfaitement dans la mise
en œuvre de l’objet d’étude : « Des goûts et des couleurs, discutons-en. »

En 1974, Jean-Claude Carrière écrit l’adaptation théâtrale du fi lm à
succès de Hal Ashby, Harold et Maude, sorti en 1971. Pour cela, il collabore
avec Colin Higgins, le scénariste du film qui a déjà transposé le scénario
en roman en 1972.

Dans les années 1970, aux États-Unis comme en Europe occidentale,
l’heure est à la révolte parmi la jeunesse : la guerre du Vietnam fait rage et
la jeune génération n’accepte plus la rigidité et les codes de la société des
Trente Glorieuses.

Dans ce contexte, Harold et Maude propose la rencontre incongrue de
deux personnages aux caractères révoltés : Harold, un jeune homme de
dix-huit ans aux tendances morbides, qui étouffe dans un milieu bourgeois
figé et sclérosé, et Maude, une vieille dame de soixante-dix-neuf ans, anticonformiste et pleine de vie.

En Seconde bac professionnel, leur histoire d’amour atypique permet
d’aborder les deux premières questions de l’objet d’étude « Des goûts et
des couleurs, discutons-en ». Le parcours initiatique d’Harold dans l’univers
de Maude lui fait découvrir un monde inattendu, très éloigné de son cadre
habituel. L’excentricité de la vieille femme souligne aussi le caractère « non
figé » des goûts : Maude, pourtant quasi octogénaire, apparaît bien plus
« moderne » que la propre mère d’Harold.

La présence ou l’évocation de nombreuses œuvres d’art (le bouddha en
ivoire à l’acte I, scène 6, ou encore La Japonaise de Claude Monet, à l’acte I,
scène 12) constituent des supports opportuns pour aborder la première
problématique de l’objet d’étude : « Les goûts varient d’une génération à
l’autre. Ceux d’aujourd’hui sont-ils “meilleurs” que ceux des générations
précédentes ? » L’éclectisme et les métamorphoses de la maison de Maude
(acte I, scènes 6, 8 et 12 ; acte II, scènes 2, 4, 6 et 8) introduisent les possibilités d’un « dialogue » intergénérationnel. Les références artistiques sont à la fois extravagantes (« Arc-en-Ciel avec un œuf au-dessous d’un éléphant », acte I, scène 6) et diversifiées. Elles permettent d’appréhender le vocabulaire afférent au beau et au laid, ainsi qu’à l’utile et à l’inutile et les différents langages artistiques.

En outre, imprégnée par les mouvements hippies et la Beat Generation 1
qui se font entendre dans les années 1970, la pièce elle-même est l’expression d’une volonté de rupture avec la société de l’époque. Inscrite dans le registre comique, elle propose une satire cinglante de la société américaine et occidentale du XXe siècle. Ainsi, Harold refuse d’entrer dans le carcan que sa mère veut lui imposer, et Maude, sans vergogne, se joue des codes moraux et des différents interdits (comme le montrent les vols dont elle se rend coupable – celui de la voiture du père Finnegan et celui d’un arbre
« asphyxié » près du commissariat – mais aussi la clé qu’elle possède et qui
ouvre presque toutes les portes !).

Ces deux personnages refusent catégoriquement les codes et les normes dominantes, particulièrement ceux qui sont issus de l’American way of life, et la société de consommation. Ainsi, Maude proscrit toute forme de propriété (acte I, scène 6) et défi e toutes les autorités conventionnelles. Dès lors, la satire réside dans le décalage perpétuel entre les codes préétablis – ce que l’on attend des personnages –, et leurs actes.

Enfin, cette pièce est l’occasion d’envisager la production artistique
dans toute sa diversité, c’est-à-dire par tous les sens ! Les « odorifiques » de
Maude, inventées pour produire « une réaction à l’indifférence avec laquelle
l’art traite le nez », se présentent, selon la didascalie, dans « une boîte, peinte de vives couleurs, couverte de lumière » (acte I, scène 6). Dans la pièce, les œuvres, par leur richesse, se rapprochent souvent du courant surréaliste, particulièrement dans le domaine pictural. Aussi sont-elles l’occasion d’étudier des œuvres de peintres surréalistes comme celles de Dalí.

De même, afin de diversifier les approches, l’analyse de La Japonaise de Claude Monet pourra être menée en parallèle de la scène 12, de l’acte I.
Aussi insolite qu’atemporelle, la rencontre d’Harold et de Maude offre
donc la possibilité d’une étude pédagogique riche en raison de la multitude
des supports disponibles (film, roman, pièce) mais également du large
éventail des thèmes et contenus de l’ œuvre.

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